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Par
Véronique Robert et Philippe Casenave
Espoir
et inquiétude. Deux sentiments se mêlent au soir de ce premier
tour.
Espoir
car, enfin, la gauche vire en tête, la victoire est possible.
Possible mais loin d’être acquise. Ne nous fions pas aux sondages.
Rappelons-nous l’Histoire : en 2002, ils nous promettaient un
duel Jospin – Chirac au second tour, avant d’ouvrir la porte à
Jean-Marie Le Pen.
Le
changement nécessitera la mobilisation de tous. 1981, 1988… La
dernière victoire de la gauche aux présidentielles, c’était il y
a 24 ans.
Ne
cédez pas au conformisme, VOTEZ !
Rien
n’est gagné. L’électorat s’est plus mobilisé que
l’annonçaient les journalistes. Et pourtant… A chaque élection,
nous les croisons, ces amis qui depuis 5 ans nous ont exprimé le
dégoût que leur inspire un pouvoir injuste, arrogant. Et dont nous
apprenons qu’ils n’ont pas voté, contribuant ainsi au maintien
du pouvoir en place. Que l’on est loin à ces moments des peuples
hier à l’Est, désormais au Sud qui luttent pour arracher la
démocratie, souvent au prix de leur sang. L’exigence à l’égard
des politiques, elle n’est pas dans l’abstention. Le
conformisme, il est beaucoup plus dans le non choix qui fait le lit
du pouvoir en place depuis 24 ans en renvoyant gauche et droite dos à
dos et en se réfugiant dans l’abstention.
Dites
NON à la droite et l’extrême droite
L’inquiétude.
Comment ne pas frémir en voyant tant d’électeurs, notamment dans
les milieux populaires et chez les jeunes se rallier au Front
national ? Sous couvert d’un vote « antisystème »,
le vote Marina Le Pen, comme avec son père, assure la promotion de
thèses simplistes et racistes.
Triste
bégaiement de l’Histoire, dont la lecture nous rappelle que
d’autres crises économiques ont permis le rejet des partis
« traditionnels », l’adhésion à des idées
extrémistes, la stigmatisation de populations et l’avènement de
dictatures en Europe. De quel côté aurions-nous été à l’époque ?
Aurions-nous cédé aux tentations populistes ? Ou aurions-nous
été capables de lutter pour nos valeurs ?
Mais
n’ignorons pas non plus la souffrance qui s’exprime de
diverses manières. Sarkozy et l’Ump ont choisi d’y répondre en
banalisant les thèses les plus populistes, imitant l’extrême
droite jusqu’à la carricature . Leur responsabilité dans la
progression du Front national est immense.
Tout
peut commencer le 7 mai.
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